Pix by Billie Mezclilla
J’ai perdu mon style en perdant mon nom.
Pas ce nom emprunté à l’Artiste Etriquée que je n’ai utilisé que quelques mois sans vraiment y mettre beaucoup de moi-même et que j’ai été sommée d’abandonner avant d’avoir su quoi en faire.
Je parle du nom d’avant. Celui dont il ne reste plus grand chose en ligne. Quelques traces ici et là, une signature en bas des mails et surtout, la mémoire des lecteurs de celle-là de mes neufs vies.
Avant de le laisser, je croyais qu’il ne s’agissait que d’un pseudo parmi tous ceux que j’ai eu. Je me trompais. Il était une identité. Il s’était imposé à moi et je l’avais sous-estimé. Ce n’était pas qu’une série de lettres, c’était aussi mon visage, mon style, l’axe de mes jeux de mots, le biais de mon expression.
J’ai perdu mon style en perdant mon nom.
Parce que j’ai perdu le personnage en le débaptisant, j’ai perdu ma personnalité 2.0, j’ai perdu ma fantaisie, mon extravagance et ma dinguerie.
J’ai relu aujourd’hui une bonne partie de mes anciens textes et l’essentiel de ce blog. Celui-ci a les sauts de style d’une blogueuse en construction, d’une débutante, d’une aspirante. Pourtant, j’écris en ligne depuis bientôt sept ans. J’ai écris avec bien plus de maturité blogosphérique et je ne trouve trace nulle part de cette écriture là.
Je ne savais pas qui était La Voyelle, je ne sais pas davantage qui est Alizarine. Mais je sais qui elle ne sont pas…
Mon ancien nom me manque mais avec lui, mon ancienne vie me manque, les lecteurs perdus me manquent, l’aura qui entourait cette identité me manque, l’excentricité me manque. La stabilité qu’elle m’avait donné.
J’ai essayé de toutes mes forces d’être la même mais le verdict est sans appel : ses textes étaient meilleurs, son identité était formée, sa personnalité était faite. Quoique je fasse, sans ce nom, je suis un imposteur.
Note de bas de page :
- J’avais de bonnes raisons de quitter ce nom. Elles sont toujours d’actualité. Et elles sont toujours aussi bonnes. J’ai eu la force d’être raisonnable. Je n’ai plus envie de l’être. Et je tiens d’avantage par peur de regretter que par raison…
En toutes choses, les contraintes que l’on s’impose et les impératifs auxquels on répond sont surtout dans notre tête. Ne sont que des projections de nos propres peurs.
Tu as peur de regretter ? Mais tu regrettes déjà ton style…
Tu as peur des conséquences ? Mais quelle conséquence pire que de se perdre…
Soit tu l’enterres à jamais et tu oublies ce qu’elle pourrait écrire, soit tu la fais revivre et advienne que pourra.
Mais toi d’abord. Toujours toi d’abord.
Chouyo s’en est allé un moment de la blogo et revient avec toute sa sagesse.
J’ai de bonnes raisons de l’enterrer et d’autres de vouloir la faire revenir. Elle me hante… Moi d’abord mais si je me plante, c’est encore mon écriture qui en souffrira. Et mon écriture et moi, c’est à la vie à la mort, alors…
J’aime la réflexion de Chouyo ! J’ajoute autre chose : qui de nous peut se vanter d’être constant ? D’avoir depuis des années toujours eu les mêmes envies, les mêmes besoins, les mêmes préoccupations, le même style et la même pensée ? Nous sommes plusieurs (au sens pluriels), je l’ai toujours pensé. L’important de ces écrits reflets du moment, c’est bien toi qui le dis : "je pense ce que je dis".
Mieux, moins bien… ça c’est juste une affaire très personnelle. Et moi, par exemple, ça ne me frappe pas, hein
Je pense ce que je dis. Ou plutôt, ce que j’écris. ça, c’est certain. Mais la façon de le dire me paraît essentielle. Sinon, à quoi bon le bloguer ? Bien entendu, il y a le partage de mes idées, mes humeurs, mes questionnements avec vous tous mais à l’origine, mes premiers blogs étaient à peine lus. J’ai commencer à bloguer pour écrire. Et même si je n’imagine plus écrire sans savoir que vous êtes derrière à me lire, je le fais toujours pour l’exercice d’écriture.
Je suis d’accord avec Nekkonezumi : personne n’est constant ! Il m’arrive parfois de regretter aussi la légèreté et l’humour qui me caractérisaient il y a 4 ans. Mais c’est comme quand on regrette de ne plus être en vacances, on ne peux rien y faire. Il faut garder ça comme un bon souvenir, et laisser ton style coller à ta vie actuelle, à ton état d’esprit actuel. Rien ne dit que ça ne reviendra jamais, avec ou sans ton pseudo d’avant !
Rien ne dit que ça ne reviendra pas, tu as bien raison. L’inconstance, c’est autre chose. 8 mois de vie pour un de mes blogs c’est assez long. En général, je craquais aux alentours des 6 mois, déménageait, changeait d’hébergeur, refaisais tout mon design. Il n’y a que ce blog et le précédent qui on tenu aussi longtemps. Sans donc parce que je grandis et deviens moins "gamine capricieuse". Mais ça me permet de comparer mon écriture sur la durée.
Et puis, je ne sais pas comment l’expliquer mais je ressens que cette histoire de nom change quelque chose.
Même si celui d’avant (avant avant) te convenait, ce n’est peut être pas ça le problème. A mon avis, vu que tu as choisi ton actuel pseudo un peu dans la "précipitation" c’est Alizarine qui ne te colle pas à la peau. Il faut peut être prendre le temps d’en trouver un nouveau qui soit tellement toi que tu ne penseras plus à l’autre
Je ne crois pas qu’un 4e pseudo soit une solution. Déjà, je trouve qu’Alizarine me correspond mieux que La Voyelle finalement. Et j’y ai passé du temps, même si ça s’est fait dans des circonstances particulières.
C’est drôle, parce que moi je trouve que la Voyelle et Alizarine sont plus mûres, plus construites. Je parle des textes, bien-sûr, l’unique moyen que l’on a de te connaître ! Je trouve tes textes plus réfléchis, et je n’ai pas peur de le dire, mieux écrits et plus agréables à lire.
Est-ce que c’est ça que tu appelles "manque de fantaisie, d’extravagance, de dinguerie" ? Je ne pense pas que tu as perdu tout ça, ni en toi, ni dans tes textes. Le mode d’expression est juste un peu différent mais pour moi, pas moins bien, loin de là
Merci pour tes compliments ^^ Je pense simplement que je mûrie et donc que mes sujets, mes réflexions, s’en ressentent. Mais c’est lié à ce qui se passe dans ma vie (et à mon grand âge également…hihi) et je suppose que j’aurais traiter des mêmes sujets et eu les mêmes réflexions sous mon autre nom.
Ce qu’il manque à La Voyelle et à Alizarine c’est une peu de… légèreté, je pense que le mot te parlera. Ce sont ces posts complétement déjanté qui partait dans tous les sens avec des liens hypertextes à foison, ce sont ces articles écrits avec une spontaneité qui frôlait l’écriture automatique sur ma vie, mes élèves, mon boulot, c’est raconter une soirée sous forme de fable.
Rien ne m’empêcherait de faire la même chose ici. Mais je n’y arrive plus. Et comme je dis à Lily, je ne sais pas comment l’expliquer mais je le ressens comme lié à ce nom.
Ping: Arroseuse arrosée « Lac d'Alizarine
Sur mon ancien blog, j’ai gardé un pseudo pendant très longtemps. On était une communauté soudée (MaBulle.com), on se connaissait tous, vraiment c’était chouette. Puis, j’ai décidé de changer de nom. Je n’arrivais plus à écrire comme avant. C’est une des raison qui a précipité mon départ vers Vous reprendriez bien un thé ?. Et je crois avoir trouvé ma nouvelle identité, mon nouveau Moi. Au début c’était difficile mais finalement, il suffit d’être vraie. Peut-être te mets tu trop de barrières ?