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pix by Abode of Chaos

L’Instance Maternelle et moi, on a eu du mal au début. Il faut dire que je n’étais pas très pratiquante, côté belle-doche, et qu’elle n’avait pas une grande pratique de la bru. On a tâtonné un moment, se donnant du « vous » jusqu’à ce que Celuiquim’accompagne se foute gentiment de nos gueules compassées. Il nous a fallu du temps. Et si nos relations sont maintenant sur un mode toujours courtois mais sans langue de bois, complice juste un peu (point trop n’en faut), c’est en bonne partie grâce à Fred Vargas.

Lire, on aime ça toutes les deux. Mais c’est comme pour le cinéma ou la musique, on n’a pas les mêmes références… On ne lit pas les mêmes auteurs, elle n’y connait rien à la littérature jeunesse, je me suis contentée de regarder Pagnol à la télé, elle ne comprend pas la fantasy, je ne garde pas un souvenir mémorable de la Comtesse de Ségur… Difficile alors d’entrer chacune dans l’univers de l’autre.

Jusqu’à ce qu’elle me propose un Vargas.

En général, les polars, j’adhère pas des masses. Mais bon, Instance Maternelle oblige, je me suis dis que ça ne me couterait pas grand chose de faire un effort. Et bien vous savez quoi ? Fred Vargas, elle écrit des polars pour les gens qui n’aiment pas les polars.

Depuis, j’ai lu tout Vargas. A quelque chose prés.

Et une fois qu’on s’est terminé les formats poches, on est entrée dans le petit jeu du « laquelle va craquer et payer 18 euros le dernier Vargas sorti ? » Et c’est toujours moi qui gagne.

C’est ainsi que je sors (enfin…) de L’Armée Furieuse, prêté par l’Instance Maternelle.

Le hic avec Vargas c’est que ça ne sert à rien de tenter de convaincre les gens qui n’aiment pas et que les gens qui aiment, ils savent déjà. Alors quoi dire ?

Je suis amoureuse de ces atmosphères, de cette ambiance, de ces enquêtes qui se mêlent et se démêlent, des personnages improbables, un peu bancales, des anecdotes, des légendes et des mythes, des êtres imparfaits.

Dans ce Vargas, il n’y a pas ce qui m’avait moyennement plu dans les derniers et c’est très bien. Dans les deux ou trois derniers, on avait l’impression qu’il fallait absolument que les enquêteurs aient une raison personnelle, si possible familiale, de s’impliquer dans l’affaire. Genre, être flic, ça suffisait plus, comme raison, pour chercher qui avait tué quelqu’un. Dans le tout dernier (Un lieu incertain) en particulier, les ficelles étaient vraiment trop grosses de ce côté là. Dans L’Armée Furieuse, on retrouve l’ambiance de la brigade, les différents personnages dont on continue de dessiner des traits de caractères, entre lesquels on travaille encore les liens, le maillage, mais point de fils cachés, de frangin de derrière les fagots ou d’ancêtres d’un improbable pays d’Europe de l’Est.

Du Vargas comme on l’aime, qui ne détrône pas le premier de mon Top 5 mais ébranlerait peut-être bien la suite du classement.

Sur ce, je vous laisse, il faut que je négocie avec l’Instance Maternelle le prêt du livre à ma maman à moi qui trépigne un peu d’impatience. Et oui, Vargas, chez nous, c’est une histoire de famille ou ce n’est pas.

Notes de bas de page :

– Et toi, c’est quoi ton Top 5 des livres de Fred Vargas ?

– Qui est-ce qui m’a conseillé de lire Nancy Huston récemment ? Parce que je sais pas par lequel commencer. #BesoinDUnConseil