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Aujourd’hui, au détour d’une conversation, quelqu’un me confiait, au collège, qu’elle se verrait bien ouvrir un salon de thé avec un espace librairie.

Moi aussi.

Avec des cupcakes.

pix by Kristin_a

(Je n’ai jamais préparé un cupcake mais ce n’est pas la question)

On était sur la fin de l’après-midi et je désherbais activement la bibliothèque du CDI. (Oui, parfois, je suis tellement débordée que je n’arrive à rien alors je me lance dans un truc long, fastidieux, qui ne revêt strictement aucun caractère d’urgence, mais qui m’apporte une grande satisfaction visuelle tout en me demandant un minimum de mobilisation intellectuelle).

Une fois mes presque 250 exemplaires mis au rebut ou rangé dans la réserve, alors que je nettoyais grossièrement la base documentaire d’un doigt, j’ai repensé à ce bref échange.

J’adore ce que je fais. Mon métier, hein. Mais j’ai dû mal à imaginer comment je pourrais faire ça pendant plus ou moins 40 ans.

Non, pas à cause des élèves.

Non, pas à cause de l’évolution du livre vers le support numérique.

Non, pas à cause du manque de reconnaissance du rôle des professeurs documentalistes (tiens, l’arlésienne ressort : on nous parle de nouveau d’une agreg’ de doc) parce que quelque part, je l’ai accepté en signant mon arrêté d’affectation.

Non, je crois que ce qui finira par me décourager, par m’ôter l’envie, par m’abrutir, ce sont les lourdeurs, des dysfonctionnements, les conneries de l’Education Nationale.

Je ne parle même pas des véritables combats de fond, sur le nombre d’élèves en classe, les heures à faire dans une semaine, tout ce qu’on nous demande en plus sans nous donner d’avantage de temps (ni d’argent), les manques de surveillants, de personnels d’une façon générale…

Non, je parle…

Tiens, ces néons qui ne fonctionnent jamais en salle des profs, donnant à l’hiver une tristesse lugubre. Mais il faudrait un électricien…

Cet argent qu’on a, là, en fin d’année, disponible, mais avec lequel on ne peut pas acheter un bac à bande dessinée, un ordinateur pour la Vie Scolaire, une table de ping pong, bref, un truc utile pour lequel on a jamais d’argent.

Ces petites frustrations là, répétées, cumulées, qui bouffent une journée, une semaine, un trimestre, une année…

Enfin, c’est peut-être à cause de la journée d’aujourd’hui, aussi, que je pense comme ça. Va savoir.

Note de bas de page :

– M’enfin, avec 22 élèves par classe, un budget doublé, moins de réunions mais plus efficace, un rectorat qu’il ne faut pas appeler à chaque modification dans nos dossiers qu’il s’agisse de notre adresse comme de notre note d’inspection, un surveillant pour 50 élèves, un CPE pour 250 élèves, et, soyons fous, des salaires qui augmentent plus rapidement que les impôts, ben peut-être que les petites frustrations, on les gérerait mieux. Mais bon, #JDCJDR