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pix by Aiwha

Ce midi, en salle des profs, on discutait d’un sujet brulant de l’actualité. Non, pas du viol suivi du meurtre de cette adolescente, on l’a épuisé hier, on n’est pas comme les médias, on a pas besoin de remuer à l’infini des trucs sordides. Aujourd’hui, on parlait d’un truc différemment sordide : le projet de réforme de l’évaluation des enseignants.

Si t’en as pas entendu parler ou si t’as pas tout compris, séance de rattrapage : actuellement, les enseignants sont évalués annuellement par leur Chef d’établissement qui établit une note administrative et par l’Inspecteur, quand il a peut, qui attribue une note pédagogique. Notre avancement se fait ensuite en fonction d’une grille nationale avec des colonnes, des lignes et des tas de chiffres. Et notre ministre propose maintenant qu’on soit évalué tous les trois ans (seulement) par notre Chef d’établissement (uniquement).

Ce midi, l’un dans l’autre, la tablé s’enhardit, rouspète, râle, calcule, évoque le cumul des tuiles qu’on nous balance à la gueule en ce moment.

Quelqu’un a prononcé a même prononcé des gros-mots. On a entendu « pétition » ! « Grève » !! « Manifestation » !!!

Mais bon, il parait que j’ai rien compris. Enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre alors que la conversation tournait vers nos possibilités de reconversion dans le privé.

Vous avez raison, les collègues : courage, fuyons !

Note de bas de page :

– Chers collègues, non, ce n’est pas que je n’avais pas faim et très envie d’un thé, si j’ai quitté la table, c’est que vous m’écœuriez.