« J’ai 8 ans, jamais plus.
Fenêtres et soleil ont beau jeu de conjuguer leurs efforts mais ne rendront jamais au carrelage moucheté son fière damier d’antan. A l’angle froid du piquet des dissipés, les rires des pions à taille humaine, fille et garçons mutés en Dames, sont imprimés dans l’air ; aussi sûrement que ces bruits du monde chutant du ciel en linceuls d’une fin de siècle (qui ne connaissait pas encore l’intempestivité des sonneries polyphoniques de nos téléphones à tout faire, surtout à être là.)
Rupture d’un silence. Pause musicale. Un soupir entre la gamme des mots qui modulent la portée de l’ait et composent un cocon, une passerelle entre les temps.
Quelque chose de moi imbibe les murs qui ne m’appartient plus.
J’ai bâillonné jadis l’assurance de la première de classe m’imposant ce tâtonnement jusque dans les chairs de mes émotions.

J’aurais 8 ans. Jamais plus. »

Note de bas de page :

– Un reste d’atelier d’écriture qui s’était égaré…