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pix by Crossine0

Tu ne peux pas imaginer. Enfin, si, tu peux. D’ailleurs, c’est tout ce que tu peux faire : imaginer. Mais toute ton imagination te cantonnera à l’affleurement de la réalité. Même tous tes grands auteurs que tu bectes comme des mirabelles juteuses n’auraient jamais imaginé ça. Ils n’auraient pas pu l’écrire parce que ça existe. Tes bouquins et toi, vous ne savez que fuir ce qui existe ! Pourtant… Ce n’est pas une rencontre, c’est un carambolage. Un branle-bas, un cataclysme, un tête à queue. Tu souris… Tu ne comprends pas, tu n’y comprendras jamais rien. Partager ça avec toi, autant tenter d’égoutter de la cyprine à la passoire ! Quoi ? On se connait depuis longtemps, oui, et alors ? Ce soir, on s’est rencontré. Oui, de nouveau. Pour de vrai. Sans notre bande de zazous délurés, nus, nous, sans ambages et sans préalable, sans artifice de séduction, sans rien prévoir. Sans voiture, tu sais bien qu’il faut toujours qu’on me raccompagne. Si tu savais ce que j’entends là dessus ! J’t’en foutrais… Enfin, sûr, c’était pas la première fois qu’on rentrait ensemble. C’est même quasiment toujours comme ça que ça se fait, son improbable deux roues, nos quartiers mitoyens aux antipodes de ceux la ville… Oh, tu m’énerves. Ne me laisse pas parler si tu ne veux rien entendre. Tu trouves ça commun ? Rentrer avec quelqu’un qu’on connait depuis toujours et dans la mélopée d’une brume de champagne chantonnant rencontrer quelqu’un d’inconnu et pourtant familier ? Dans la pesanteur de sa voix burinée par la cigarette, entendre quelqu’un d’autre. Aboucher une douceur migrante et une prévenance allogène, coudoyer une proximité d’idées hardie, toucher de la langue une complicité débordante des petits cadres serrés dans lesquels je nous avais cassés, trouver ce qui touche, trouble, trifouille, approcher… Tu ris ! Si, je le vois, sous ta main et ta clope, tu ris. Et bien ris, si ça t’amuse. Moi, je compte bien me vautrer dans la guimauve et la maladresse aguichante des premiers temps. On connait tous de nos histoires, nos bérézina, nos amertumes… C’est comme improviser une partition dont on a une partie des notes. Allez, ris si ça te chante, nous, on chantera nos rires.

Note de bas de page :

– Ophéliade répondant (ou tentant de) à la demande suivante : « Un billet amoureux, fiction ou pas » qui est devenu, par une mauvaise lecture, une rencontre amoureuse (fiction ou pas), contenant les mots : zazou, mirabelle, cyprine, passoire, souris, douceur, mélopée. Oui, quand Ophélie fait un caprice, elle fait les choses bien.

– Ophélie, plus communément appelée Zelda (ou La Bouseuse), a besoin de compagnie toutes les trois heures environs donc pour une fois, l’ophéliade se relaie. Si toi aussi tu as envie d’écrire « cyprine » sur ton blog, c’est l’occasion ou jamais. D’après Twitter, à l’heure où je commence de taper de post (en débutant par le bas de page, oui), sont volontaires Anna Musarde, Aubergine Divine et CaroLaCheChe.

Et comme j’aime apprendre des trucs, je partage avec vous que cyprine vient « De Cyprus, nom latin de Chypre, car Vénus est sortie des eaux près de cette île. » d’après le wikitionnaire et je sais pas pourquoi mais j’adore cette étymologie