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J’ai voulu écrire. J’ai deux articles à l’état de brouillon qui n’aboutissent à rien et n’ont ni queue ni tête. Rien n’est sorti. Ou alors tout est sorti. J’ai voulu écrire, j’avais des choses à vous dire. Je voulais vous parler du casse-tête de mes vêtements et d’un rêve dans lequel je les donnais tous au Secours Populaires et me reconstituait intégralement une garde-robe. Je voulais rebondir sur les posts de Sweet Lily Brown et même peut-être mettre mon rêve en application. Et puis je voulais parler de ma presque-aide-documentaliste qui m’a l’air d’être bien loin d’une Josie, ce qui est sans doute dommage pour vous mais plutôt bien pour moi, de mon appréhension vis-à-vis du regard de cette adulte étrangère sur mon travail au quotidien, de ma maladresse à trouver l’attitude adéquate face à elle qui peut passer pour de la froideur. Je voulais vous raconter qu’on allait diminuer mon traitement et que c’était bon signe, mais que ça m’angoissait un peu parce que quelque part, je ne sais pas me définir si je ne suis pas malade. Puis finalement je vous aurais bien parlé de cette crise qui a fait exploser mon ventre, ma cage thoracique et les presque six mois d’efforts à refouler les alertes, anticiper, colmater, réparer. Je vous aurais dit que je devrais appeler ma neuro mais que je ne l’ai pas fait. Que je suis tentée d’essayer de baisser quand même le traitement alors que je sais que ce n’est pas ce qu’elle voudrait. Qu’en même temps, je ne crois plus tant dans les médicaments et suis effrayée par ce que peut provoquer ma tête. Je voulais vous parler de cette prise sur les choses que j’ai l’impression de reprendre parce qu’elle me fait confiance pour me laisser doser. J’ai eu envie de raconter des petits bouts de ma semaine, des choses que j’ai pensées, d’autres que j’ai cru comprendre. Les bruits de couloir, peut-être. J’ai voulu partager avec vous des inquiétudes et puis aussi l’appréhension du week-end qui s’annonce. Je voulais vous parler de cette machine curieuse qu’est mon corps. Et puis d’une histoire de bulles, de rock’n roll et de guitare qui se joue debout. Je me serais plainte du temps qui passe trop vite et de cette semaine qui a disparu je ne sais où. Peut-être que mon corps a explosé parce que je n’ai pas accordé assez de temps à mes mots et non pas seulement trop peu à mes maux.